Averell15

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Averell15 fut duc de Savoie du 29 septembre au 24 octobre 1453 (2005). Il fut maire de Châlon du 15 au 31 juillet 1453 (2005). Il fut maire de Amiens du 2 au 18 janvier 1453 (2006).

PAR SON SERVITEUR....

Sommaire

Chapitre Premier: Arrivée en France et première expérience en Bourgogne

Averell d’Alton, est arrivé en France durant la jeunesse du Royaume de France, non pas durant la prime jeunesse de l’Artois, mais quelques années plus tard. A titre de repère, on pourrait placer sa naissance juste avant les évènements de Normandie, lorsque Charles Maurice de Talleyrand et Raoul d’Andrésy prirent Rouen.

La légende, et lui même disaient qu’il était né dans le Nord du Saint Empire, en Saxe, 3ème enfant d’une famille modeste. Très tôt, il préféra partir tenter sa chance ailleurs, tout simplement car une ambition dévorante le tiraillait déjà à l’époque. Le sentiment que son nom devait valoir mieux qu’une petite chaumière, même s’il devait se damner pour cela. Il partit jeune et ignorant vers la France et la Bourgogne, et posa ses valises, pour un temps, à Cosne.

Il convient de recadrer l’époque durant laquelle Averell grandit. Politiquement d’abord, le Roi était très absent, laissant tous pouvoirs aux Grands du Royaume. De grands personnages accédaient au pouvoir, tels que Caedes en Champagne ou Nathan en Bretagne. Ces personnages aidés de dizaines d’autres créaient le Royaume tel qu’on le connaît aujourd’hui, en construisaient les institutions et les rapports de force, le Codex, les chevaliers de la Licorne, le Pars et le Viens tout n’était pas encore créé mais déjà en marche. Economiquement, la situation était à l’exact inverse d’aujourd’hui, à savoir une pénurie très forte et des prix exorbitants. Rappellez-vous qu’à cette époque le prix du pain atteignait allègrement les 12 écus. Il était difficile de trouver de la viande, et quasiment impossible de s’habiller. Les lois qui sont établies aujourd’hui, salaire minimum, esclavagisme et spéculation interdis venaient juste d’être promulguées en Artois et copiées dans tout le Royaume. C’est donc dans ce pays encore en construction et plein d’opportunités qu’Averell fit ses premiers pas et ses premières rencontres…

A son arrivée à Cosne, la situation était très tendu. Le maire de l’époque, McDo, était aussi le seul boucher de la ville et vendait sa marchandise à des prix prohibitifs. Averell se plaça immédiatement dans l’opposition, proposant même de créer une association aidant les vagabonds. Il est important de noter que le problème de la viande ne l’intéressait pas, étant vagabond, mais qu’il vit dans cette opposition face à un Maire détesté un moyen de se faire connaître. Il proposa ainsi de créer une association d’aides aux vagabonds, ce qui existait déjà à l’époque, peut être toujours d’ailleurs, la LYS. Tous ces efforts étaient suivis d’un œil amusé par quelques anciens qui ne tardèrent pas à entrer en contact avec lui pour cadrer son enthousiasme. Le premier fut Biquette, qui n’était à l’époque que Biquette et qui deviendrait bien plus tard le Prince Tristan de Salignac. Biquette était aussi dans l’opposition à cette époque, d’après les souvenirs de mon maître Averell. Il le calma, lui apprit quelques ficelles politiciennes, puis le présenta à d’autres personnes. Au fil des années, Biquette devait devenir le meilleur ami d’Averell, même si leur relation ne fut pas toujours au beau fixe. Mon maître intégra la LYS, devenant même son représentant à Cosne, sans pour autant réussir quoique ce soit, les vagabonds étant très dur à remuer à l’époque. Il n’empèche qu’il s’agit ici de son premier engagement politique.

Parmi les contacts que Biquette offrit à Averell se trouvait Valdy, qui avait déjà une réputation sulfureuse, mais qui était exactement le genre de personne dont Averell pouvait avoir besoin pour s’élever vite et haut. Dans le même temps, McDo, le Maire de Cosne annonça qu’il poursuivrait en justice ses principaux opposants dont Averell. Celui-ci ne souhaitant pas être mis en procès, décida d ‘écouter Valdy qui lui proposait de partir dans le Berry qui venait d’être créé, à Châteauroux

Chapitre Second : Le Berry, une zone d’apprentissage.

L’expérience de mon maître dans le Berry n’a pas été la plus agréable qui soit. Ce grand angoissé qui ne travaillait que pour la reconnaissance de son prochain était évidemment malheureux en tant que vagabond dans une province où nul ne le connaissait. Il s’installa à Châteauroux, avec Valdy et Kalewia, qui lui devait devenir Comte du Limousin. A eux trois, il créèrent ce qu’on appela la Meute. En effet, ils attaquaient toutes les personnes étant contre eux tous les trois en même temps. Averell détenait une auberge en ce temps-là, lieu de réunion de ces 3 là. Mon maître m’a d’ailleurs annoncé en rigolant que lors de la campagne pour la mairie de Châteauroux, Kalewia et lui avait décidé de qui serait candidat et donc Maire avec un jeu oriental, avec des pierres des feuilles et des ciseaux. Averell perdu, et Kalewia devint donc maire de Châteauroux.

Dans le même temps Valdy avait lancé une liste électorale afin de devenir Duc de Berry. Il s’était pour cela allié avec la Voix du Peuple, de Thierry et Arnvald. En raison de l’amitié qu’il portait à mon maître, Valdy lui offrit la troisième place sur cette liste, après lui-même et Thierry. Averell fut bien sur très motivé à l’idée de faire cette campagne et encore plus à l’idée de devenir Conseiller Ducal, si jeune, avant même ses 20 ans. Valdy lui prêta donc l’argent pour devenir paysan et avoir accès aux fonctions politiques. Averell devint donc un citoyen, et après une campagne acharnée contre des grands noms tels que Volpone ou Juju, gagna les élections avec sa liste. Il faut noter qu’à l’époque mon maître n’était pas un bon politicien, très colérique, très violent, sans la moindre expérience et sans aucune éloquence. Cette campagne fut d’ailleurs la plus violente qu’ait connu le Berry, car au final, es deux listes ne furent séparés que de 1% des suffrages. Ce qui amena un situation très problématique et très ennuyeuses pour tous, 6 Conseillers de chaque liste furent élus. S’engagea alors une partie acharnée d’échecs, car nul ne voulait voir Volpone, le chef de liste du PARS devenir Duc, et le PARS refusait de voir Valdy devenir Duc. Cela ne dérangeait nullement Averell qui avait une conception très souple de la moralité comme nous le verrons. Au final, tous les Conseillers se mirent d’accord pour désigner Thierry duc du Berry, ce qui n’était pas une si mauvaise chose apparemment.

Dans le même temps, Averell intégrait le VIENS qui venait de se créer, sous l’impulsion de personnages comme Biquette et Morkail. Il fut parrainé par son premier mentor Valdy. Mentor qu’il n’hésitera pas à virer lui même du VIENS quelques années plus tard, sans le moindre scrupule. Ce jeune parti avait été créé dans le but de faire opposition au PARS, et présenter une façon différente de voir la vie, plus simple, plus terre à terre que ce que proposait le PARS. Averell n’était pas spécialement plus simple que les autres, mais certains de ses amis étaient dans ce parti, et mon maître étant intelligent, il savait tout l’intérêt qu’il aurait à être membre d’un jeune parti dynamique. Je ne traiterai pas le sujet du VIENS tout de suite, mais plus tard, car mon maître m’a souvent fait de longs discours sur ce sujet lorsque ses collègues le « gonflaient trop », je le cite. Pendant son séjour à Châteauroux, Averell entretint une relation avec une femme, simplement car il avait décidé qu’il était bon qu’il vécu avec une femme. Plus personne ne se souvient aujourd’hui de son nom, ni s’ils furent mariés, fiancés ou juste amant. Mon maître restait très évasif sur ce sujet, et refusait catégoriquement de me répondre quand j’étais trop insistant. Je n’aurai pas plus d’informations sur ce sujet à écrire ici, même si à mon avis Averell fut marié et ne l’assuma jamais plus tard. On verra dans la suite de cet ouvrage qu’Averell ne fut pas un grand amoureux, mais qu’il utilisa les femmes qui étaient autour de lui pour se grandir.

Averell était heureux en Berry, du moins à cette époque là. Le Duc Thierry lui avait donné la baronnie de Lignières, et il me prit à son service, pour, je cite « Gérer toutes ses petites tâches qui m’ennuient prodigieusement… » Ces petites tâches pouvaient aller de s’occuper de son cheval, jusqu’à aller contacter des hommes louches dans des tavernes qui l’étaient encore plus. Je n’ai craint pour ma vie personnel qu’une seule fois, quand il fut fait prisonnier en Champagne. Mais avoir vu tant de choses me console des quelques désagréments que pouvait occasionner la vie aux cotés de lui. En ce temps là, Averell était Porte-Parole du Berry, et cherchait un secrétaire particulier afin d’écrire ses textes. Il rencontra Turenne, qui vivait à l’époque à Saint-Aignan, en Berry. Il lui proposa le poste, impressionné par la prose de celui qui n’était encore qu’un gueux. Je ne sais si celui qui allait devenir le Marquis d’Aubigny accepta, toujours est-il que mon maître l’a toujours considéré comme son ami ensuite, et lui faisait relativement confiance, ce qui était déjà énorme pour lui.

On a raconté beaucoup de choses sur le départ d’Averell du Berry. Bon nombre de ces histoires sont fausses, je m’en vais vous raconter la vraie. Il n’est pas évident que cela intéresse tout le monde, mais la vérité revient toujours. On a dit qu’Averell était parti pour voir s’il n’y avait pas mieux ailleurs. Je soutiens que c’est absolument faux. Certes mon maître était dévoré par l’ambition, mais il souhaitait ardemment faire carrière dans le Berry. Il considérait tout simplement qu’il vaut mieux être premier dans un petit Duché que dernier dans un grand. Cette position se discute, mais c’était la sienne.

Il était donc heureux en Berry, mais plusieurs problèmes s’ajoutèrent en même temps. Tout d’abord le scandale causé par les détournements de Valdy devait éclater quelques semaines plus tard, mais Averell était déjà au courant. S’il n’avait pas une grande honnêteté intrinsèque, il fut choqué d’apprendre cela, on verra plus tard qu’il fit bien pire. Il avait donc perdu toute confiance dans son ami de l’époque. Ensuite, un Conseiller Ducal, Césarion, mit violemment le Duc en cause, le traitant de lâche et de couard. Averell tenta de faire pression afin que ce Conseiller soit destitué mais le Duc, décida de lui pardonner et somma mon maître de calmer ses ardeurs. Voyant cela, Averell, qui était à l’époque Averell de Lignières, décida qu’il n’avait de toute façon pas du tout le confiance du Duc qu’il avait contribué à faire élire et qu’il n’avait plus rien à espérer dans ce Berry qui s’enfonçait dans la routine. En effet, tous les projets proposés par Valdy et Averell avaient été rejetés, comme l’instauration d’une banque, et ils étaient mis à l’écart quand ils n’étaient plus dans leurs ville de Châteauroux.

Voyant que le Roi venait de créer la ville de Chalon, en Bourgogne, mon maître hésita deux jours, puis démissionna du Conseil, sincèrement convaincu qu’il ne pouvait plus travailler dans ce Conseil et certain qu’il ne remettrait plus les pieds en Berry. Il eut bien sur encore de nombreuses histoires avec le Berry, mais effectivement, il n’y revint plus jamais.

Chapitre Troisième : Retour en Bourgogne, l’expérience chalonnaise.

Mon maître était revenu en Bourgogne profitant d’une ville en peuplement, effectuant le voyage contraire de celui de la plupart des gens, à savoir revenir dans un ancien duché. Il arriva dans un Chalon très communautaire, qui disposait d’une très bonne ambiance et beaucoup de personnages de premier plan en Bougogne. Goel, le Duc à l’époque, Biquette était ses amis, et d’autres personnages comme Gaal, ou Ostéros devinrent immédiatement ses rivaux. En effet, Averell qui n’était plus Baron de Lignières après que le Duc Thierry l’eut destitué, arriva en Bourgogne avec sa façon de faire, très agressive, et qui détonnait dans ce petit village. En effet, j’ai pu voir l’évolution de mon maître qui a réussi à calmer sa fougue naturelle pendant plusieurs années, le temps d’accèder au pouvoir en réalité. Mais lors de son arrivée à Chalon, il était encore violent et sec, sans aucun esprit de compromis et d’écoute. Cette façon de faire lui créa beaucoup de problèmes à Chalon…

Immédiatement, il chercha des solutions pour s’implanter dans les réseaux d’influence et se faire connaître dans toute la Bourgogne. Il s’impliqua énormément dans le VIENS qui était très présent en Bourgogne, il ouvrit une autre auberge, et monta avec Biquette la première équipe de Soule du Royaume, Le CRAC de Chalon. En effet, le premier match de Soule opposa Chalon, menée par Averell, à Lisieux il me semble. Premier match gagné par Chalon sur un essai de Chocoboy. Quand je relis cette composition d’équipe, je me prends à rêver devant la concentration de futurs Grands du Royaume. Chocoboy, qui devait devenir Comte, Senael le Juste qui devint Comte du Limousin et Pair de France, Seb le futur Comte d’Artois qui devint un des plus fidèles compagnons d’Averell, Biquette, futur Prince, Goel le Duc de Bourgogne. Mon maître avait vu juste pour une fois, cette équipe de soule lui permit de se créer des relations qui devaient l’aider à grandir, comme il le désirait. Dans le même temps, Averell fit autre chose pour s’intégrer, il se fiança. En effet, une personne, par sa bonne humeur et sa disponibilité tenait le haut du pavé de la société chalonnaise l’époque, Ann. Mon maître s’entendit tout de suite à merveille avec elle, et décida de se fiancer avec elle. Ils vécurent une relation que mon maître se rappelle encore avec mélancolie, même si je doute qu’il ait été si amoureux que cela. Dans le même temps, il entretenait une correspondance suivie avec son ami Turenne du Berry. Le temps vint où Chalon eut besoin d’un nouveau Maire. Gaal, qui était Prévôt de Bourgogne se présenta et était grandissime favori en raison de ses 2 mandats précédents, mais Averell persuada Ann de se présenter contre lui. Mon maître fit campagne contre lui de manière très virulente et fit élire Ann à la mairie de Chalon.

Ce qui se passa ensuite est resté très flou dans l’esprit de mon maître. D’après ce que j’ai pu comprendre de la part de ses amis, mon maître fit démissionner de force sa fiancée qui était très peu qualifiée pour être Maire et le gênait dans son projet de devenir Maire lui-même. Ensuite pour calmer les ardeurs de la foule qui se doutait bien qu’il était derrière cette démission surprise, il partit quelques jours en Poitou avec Valdy qui lui promettait de le faire nommer Comte. Sur le chemin du retour, Averell fut attaqué et laissé pour mort par le chef du Dragon Rouge, une organisation criminelle de l’époque, qui avait kidnappé la fiancée de mon maître… Enfin cette histoire est la légende qui a été colportée jusqu’à Chalon. En réalité, tout cela avait été décidé de concert entre mon maître et Don Vito, je crois, pour augmenter la popularité de mon maître et du Dragon Rouge. En fait, ils ont simplement bu une petite bouteille de vin de Touraine sur le bord de la route, avant que moi et mon maître ne nous cachions dans une grotte pendant 1 semaine.

A son retour en Bourgogne, mon maître et Ann se séparèrent, Ann devant devenir plus tard l’épouse de Sénael Comte du Limousin. Averell se présenta à la mairie au dernier moment et fit campagne contre Ostéros, qu’il appelait lui même « La marionnette au bout de la main de Gaal ». Cette campagne fut la plus violente de toute celles que connut Chalon, simplement en raison de la personnalité et des promesses d’Averell. Pour simplifier, Ostéros promettait de continuer la politique menée avant Ann, une gestion raisonnable et en bon père et famille, et mon maître promettait de faire table rase du passé et de laisser le plus de liberté possible au peuple. Au terme d’une campagne où les insultes volaient bas, Averell fut élu assez largement au second tour. Il mit ensuite toutes ses promesses en marche d’un coup. Il supprima toutes les grilles de salaires et de prix, laissant le marché courir lui même. Dans le même temps, il profita de sa position de Maire pour faire pression sur certains secteurs afin qu’ils baissent les prix. En effet, la situation était toujours la même, peu d’artisans, des prix très élevés et des vagabonds très génés. Averell, avec le soutien du Commissaire au Commerce de l’époque Morkail, fit donc baisser le prix du pain de force en vendant au prix de 10 écus des centaines de miches.

Cette façon de faire ne lui créa bien évidemment pas que des amis, mais eut le mérite de fluidifier le marché, de créer une vraie vie économique dans sa ville et des guildes puissantes qui pouvaient discuter entre elles. Peu de gens acceptèrent sa façon de faire, mais je reste persuadé qu’il fut le plus grand Maire de Chalon, même si personne ne le comprit et qu’il fut incapable d’expliquer sa vision à ses sujets. Je dis bien sujet car Monseigneur Averell que le Maire du village est le seigneur de ses habitants, et qu’il disposent de grands pouvoirs sur eux pendant la durée de son mandat. Je suis intimement convaincu que si mon maître eut été plus diplomate et plus souple, il aurait pu réaliser de grandes choses et que l’exemple chalonnais eut été une grande réussite. En fait, son caractère autoritaire et ombrageux a masqué ses vraies réussites économiques et sociales.

Dans le même temps, mon maître tombait amoureux de Lhise de Chastellux, qui vivait à Autun et qui était à cette époque, Paire de France. Il la courtisa pendant des mois, sans jamais rien obtenir d’elle que de vagues réponses. Il va de soi que son déménagement à Autun, après des évènements que nous raconterons plus tard, fut entièrement causé par cet amour ridicule qui fit rire bien du monde. En effet, une rivalité viscérale existait à l’époque entre Autun et Chalon, je pense même que le terme d’haine n’est pas trop fort tant les propos échangés étaient violents. C’étaient l’époque où les gens n’avaient pas peur de se détester et de le dire ouvertement. Je crois que cela n’est plus trop la mode dans ce monde d’hypocrisie qu’est devenu le Royaume de France. On verra plus tard que cet amour ne lui fut pas rendu, et même que Dame Lhise tenta de profiter de lui d’une manière qui était tout sauf chevalière…

C’estaussi l’époque où mon maître se liait d’amitié avec Dame Divinaura, qui travaillait déjà pour le Conseil de Bourgogne. J’ai très souvent eu à porter des missives urgentes de Chalon à Dijon, je me souviens d’ailleurs d’une que Dame Divinaura m’avait confié en me faisant juré de ne pas l’ouvrir. On verra plus tard que j’ai bien fait de ne pas savoir lire… Enfin, mon maître tenta à cette époque d’aider la toute nouvelle création royale qu’était l’Hérauderie, en devenant Héraut de Bourgogne. Il faut bien reconnaître qu’il ne fut pas très bon et qu’il céda vite son poste, simplement car il n’avait pas la moindre motivation, ni les compétences requises d’ailleurs.


Pour clore ce chapitre, revenons sur un point que seuls quelques amis très proches d’Averell savait, à savoir les détournements d’argent. En effet, à partir du moment que mon maître fut Maire, il commença à détourner des petites sommes d’argent, avec l’aide de son ami Turenne, présent pour l’occasion. Turenne arrivait du Berry, achetait des produits vendus à très bas prix par la mairie spécialement pour l’occasion, puis revendait une partie de ceux-ci directement à Averell. J’estime que mon maître gagna plus de 1000 écus à ce petit jeu, mais je peux me tromper sur ce chiffre. On peut sourire en pensant que Turenne allait devenir Juge du Berry quelques mois plus tard. On pourra être choqué par cette façon de faire, mais je vous rassure, ce n’était que le début d’un politicien pourri jusqu’à la moelle, mais qui l’assumait parfaitement devant sa glace. En effet, mon maître était très pauvre en réalité. Je ne me nourrissais que de ce que j’arrivais à trouver, et ce n’est pas l’époque où Averell s’habillait de velours. Il dépensait tous ses revenus dans les tavernes suivant son principe de l’époque « Une bière égale une voix, deux bières égales un soutien actif ». Certains pourraient penser qu’il s’agissait de corruption, mais j’assure que tous les élus l’ont fait et le font toujours, avec plus ou moins de cynisme. Averell considérait juste qu’il se remboursait ses frais de campagne et qu’il se servait un salaire décent. On verra qu’il ne s’est pas contenté de cela.

Ces magouilles durèrent toute la durée de son mandat de maire de Chalon., même lorsque Averell s’investit dans la campagne électorale pour les ducales…

Chapitre Quatrième : La campagne pour les élections ducales en Bourgogne.

Mon maître était en ce temps là un membre très actif du VIENS, le parti créé lors de la première campagne électorale en Bourgogne et dirigé par Biquette qui vivait déjà en Auvergne d’ailleurs. Averell n’était pas encore un des chefs incontestés de ce mouvement, c’était bien longtemps avant que lui Morkail et Biquette n’en soient les vrais patrons. D’autres personnes étaient très importantes aussi, tels que Chocoboy, ou Arfax et bien sur Gaal. Gaal qui était à cette époque là Régent de Bourgogne, après la disparition du duc Goel, pour des raisons mystérieuses. J’ai entendu dire que trop soul, il s’était trompé de convoi et s’était retrouvé à Jérusalem…

Le VIENs préparait activement les élections ducales et étaient en train de créer la liste et le programme. Mon maître participa très activement à la réalisation du programme et de la campagne électorale, principalement avec l’aide de Divinaura. Or quand la décision finale qui était celle du choix de la tête de liste se posa, mon maître ne considéra pas que cela aurait été une bonne idée de se proposer. Il était encore trop jeune, trop inexpérimenté et n’avait pas les réseaux nécessaires pour s’imposer, même à l’intérieur du VIENS. Il y avait deux autres prétendants possibles, Morkail, le Commissaire au Commerce et Gaal, le Régent. Il se trouve que Gaal et mon maître se détestaient cordialement, dans la mesure où ils n’hésitaient pas à s’étriper verbalement à Chalon, concernant la politique d’Averell. D’un autre côté, Gaal était le Régent, très aimé de la population, en passe de devenir Pair de France, donc la tête de liste naturelle, malgré son manque d’implication dans la préparation. Mon maître fit donc pression à l’intérieur du VIENS pour Morkail, qui préféra lui se désister en faveur de Gaal.

Mon maître avait donc besoin de quelques chose pour empêcher Gaal d’arriver au pouvoir, ce qui l’en aurait immanquablement écarté. Donc quand Dame Divinaura me fit porter des documents que j’appris plus tard être des minutes des réunions du Conseil à mon maître, il eut ce qu’il recherchait tant, un beau scandale. En effet, Gaal, prévoyait, avec une grande majorité du Conseil, d’attaquer militairement la Champagne voisine, afin d’en récupérer les mines situées au Sud. Ce projet qu’il aurait soutenu en temps normal dans la mesure où il détestait tout ce qui se rapportait à la Champagne, il le fit connaître. Il exposa en pleine publique les minutes du Conseil, épinglant un à un les Conseillers incriminés, en compagnie de Dame Divinaura. Il détruisit méthodiquement Gaal dans l’opinion des Bourguignons qui étaient déjà à cette époque de bons paysans tranquilles. Il fit perdre au Conseil de Bourgogne et à Gaal toute considération, à l’intérieur et à l’extérieur de la Bourgogne, les volontés guerrières étant déjà très mal vues. On pourra dire que c’est très minable de faire cela, mais il faut comprendre la haine absolue que se portaient ces deux hommes. Averell eut plein d’autres ennemis, mais peu aussi violent que Gaal.

Toutefois, la situation était dans l’impasse. Gaal restait Duc Régent bien que détesté de la population, Averell et Divinaura restaient coupables de haute trahison et nulle issue n’était prête d’être trouvée. Ce fut donc Biquette en tant que chef du VIENS qui servit d’intermédiaire entre mon maître et Gaal. Cette période fut épuisante pour moi, avec tous ces allers et retours en Auvergne du nord où était Biquette. Biquette proposa d’abord que mon maître s’excuse et renouvelle publiquement sa confiance dans Gaal. Il proposa ensuite, après le refus bien compréhensible d’Averell, que cette affaire soit jugée par la populace bourguignonne. Gaal ayant refusé, un accord très étrange fut trouvé. Gaal démissionnait, promettait de ne pas se représenter en Bourgogne et promettait de quitter la Bourgogne. De son coté, Averell laissait Gaal tranquille pour toujours, et quittait la mairie de Chalon. En effet, mon maître accepta de quitter la mairie pour voir son principal ennemi quitter la Bourgogne, et ne se fit pas plus prier que ça, tellement il soit pressé de trouver un accord. On verra plus tard qu’Averell respecta ses engagements, ce que fit Gaal.

La solution pour quitter Chalon fut des plus rocambolesques. Averell refusa catégoriquement de démissionner, pour ne pas donner l’impression de quitter lâchement sa mairie. Bien évidemment personne ou presque ne connaissait l’accord entre Biquette, Averell et Gaal. On remarquera que Divinaura n’entra pas du tout dans les négociations et qu’elle resta en procès longtemps, elle avait tout simplement été oubliée par les protagonistes. Donc Averell refusait de démissionner, et Gaal ne pouvait pas organiser une révolte. La solution vint de Biquette. En effet, il était resté très ami avec Raoul d’Andrésy, célèbre pour avoir pris de force le château de Rouen avec CMDT et toujours en fuite depuis. La solution fut très simple. Mon maître ouvrit toutes grandes les portes de la mairie, de nuit, et Raoul d’Andrésy accompagné de Biquette et de moi-même prirent d’assaut la Mairie. Il va de soi que le peuple ne fut au courant que de la tentative d’attaque de Raoul, voulant créer la principauté de Normandie en Bourgogne et les tentatives héroïques du Maire pour le repousser. Le plus amusant et le plus incroyable est que la révolte échoua. Personne ne sut jamais pourquoi. Mon maître me dit un jour que cet abruti de Raoul était trop soûl et qu’il s’était trompé de bâtiment, mais j’ai du mal à le croire. Voyant l’échec de sa ruse, mon maître démissionna le lendemain, annonçant qu’il ne sentait plus un grand soutien pour sa politique et qu’il préférait laisser la place afin qu’un autre fasse mieux que lui. Encore une fois, il tira avantage de la situation car il partit pas trop détesté de Chalon alors qu’il était haït durant son mandat. Il déménagea immédiatement pour Autun retrouver Dame Lhise espérant qu’il arriverait enfin à la séduire et ne remit plus jamais les pieds à Chalon. Bien sur il piqua encore dans les caisses avant de repartir, se récompensant pour son bon travail à la mairie.

Dans le même temps, la Champagne par l’intermédiaire d’Amro, son Capitaine, entra en contact avec Averell afin de savoir quelle serait la suite des histoires de Gaal. Amro fit clairement comprendre qu’en cas de vacance du pouvoir trop longue, la Champagne agirait fermement et s’emparerait de Joinville, pour sa propre sûreté d’après elle. Je le sais car j’écoutais derrière la tenture d’une auberge, mon maître craignant d’être attaqué à tout moment par un sbire de Gaal. Averell contacta immédiatement Morkail, qui était autant mouillé que les autres, et le convainquit de rester à la tête du Duché jusqu’à la fin des élections. Dans le même temps, il lui demandait de diriger la liste électorale que mon maître préparait. Enfin, et chose absolument folle, il se fit nommer émissaire de la Bourgogne pour les discussions de Pouancé.

Ces négociations mettaient au prises Mique, le Comte du Poitou avec Rolland, Duc de Touraine et le Duc d’Anjou. En réalité, Mique avait tenté d’attaquer ces deux provinces en même temps, pour je ne sais plus quels motifs ridicules. Toujours est-il que tous les yeux du Royaume étaient tournés vers Pouancé et que mon maître convainquit Morkail d’impliquer la Bourgogne et de l’envoyer là-bas. Le chef des médiateurs était alors Thierry, Duc du Berry et le rôle d’Averell n’a jamais été très clair. Sans doute son caractère ombrageux s’entendait bien avec celui du Comte Mique. Toujours est il que Thierry parvint à un accord, et que j’ai souvenir qu’Averell, un simple paysan signa cet accord pour la Bourgogne.

Quel intérêt avait il de s’occuper de cette affaire à l’autre bout du Royaume en même temps que la campagne électorale ? C’est mal comprendre mon maître. Dans un premier temps, ce besoin de reconnaissance au plus haut niveau qui le forçait à vouloir être vu et écouté le motivait à s’intéresser à ce qu’il se passait là-bas. Mais ce n’est qu’une infime partie de sa motivation. Mon maître avait radicalement changé son discours à cette époque là, se montrant beaucoup plus à l’écoute, poli et modéré dans ses propos. Bien entendu, il n’en pensait rien, combien de fois m’a t’il dit que ces gueux lui pompaient l’air… Mais pour gagner les élections il avait vite compris qu’il devait paraître sympathique. Il s’appliqua donc à l’être. Il fut poli avec la liste adverse alors qu’il en détestait la plus grande partie, insista pour se donner une stature importante à travers Pouancé et débattit très cordialement durant la campagne électorale. La liste adverse était de plus menée par Dame Lhise, qu’il aimait toujours autant. Il est amusant de voir que les femmes qu’il a aimé ont toujours été ses adversaires politiques. De plus, une troisième liste, alliée de celle de Lhise faisait campagne, avec en son sein Gaal. On sourira devant ce retour très peu élégant, mais qui fut le dernier, dans la mesure où le VIENS gagna largement les élections, obtenant 7 Conseillers après recompte des voix. Senael n’était pas passé loin de se retrouver dehors…

Or de nombreuses voix s’élevaient pour critiquer Morkail qui n’était pas encore Duc. On lui reprochait de n’être que la marionnette de mon maître, de ne pas avoir l’éloquence d’un Duc. Lhise vint donc voir mon maître une nuit, alors qu’il vivait toujours chez elle pour lui parler d’affaires importantes. On me demanda de partir et je n’appris que des années plus tard ce qui s’y était dit. Dame Lhise tenta toute la nuit de convaincre mon maître de l’élire Duchesse en lieu et place de Morkail. Je pense qu’elle lui promit de nombreuses choses mais aussi étonnant que cela puisse paraître, Averell resta fidèle à Morkail, et le lendemain celui-ci devint Duc de Bourgogne et mon maître Commissaire au Commerce et très clairement, premier Conseiller.

Je ne sais as s’il y eut des motivations souterraines à la fidélité de mon maître pour Morkail, mais je suis persuadé qu’il a simplement été loyal à celui qui était déjà son grand ami. Cela pourra sans doute étonner certains, mais je suis certain que mon maître savait que son temps n’était pas venu et qu’il devait soutenir Morkail. Rétrospectivement, je pense qu’Averell a eu tort et qu’au moment de choisir la tête de liste, il aurait dut s’imposer. Il eut été à coup sur Duc de Bourgogne. Ce fut probablement un excès de prudence mal placée, dans la mesure où mon maître semblait penser que l’on avait qu’une seule chance de prendre le pouvoir. La suite démontrera que non…

Chapitre Cinquième: L'épisode Champenois, La Savoie, et la mort d'Averell d'Alton

Mon maître a donc gagné ces élections ducales en Bourgogne, et a été loyal à son ami Morkail, qui devait devenir le Duc Morkail de Bourgogne.

Il était prévu que mon maître devienne Commissaire au Commerce en attendant le retour d’ Arfax, puis qu’un remaniement serait envisagé. Il faut comprendre quelque chose à propos de la Bourgogne en ce temps-là. La philosophie de Morkail, qui était Commissaire au Commerce avant de devenir Duc, a toujours été de rendre le duché riche. Quand certaines régions se ruinaient en dépense militaires et somptuaires, notre philosophie a toujours été d’enrichir la Bourgogne, en enrichissant le Duché et donc ses habitants. Pour vous donner une idée générale, le Duché avait près de 100000 écus en caisse à l’arrivée d’Averell à la tête de l’économie et finit avec plus de 200000 écus lors de son départ très précipité. En réalité, sa politique a été de laisser les maires se débrouiller un peu mieux tout seul, et d’utiliser des marchands secrets pour ses basses œuvres. En effet, l’époque était à la guerre économique, au moyen des sacs de blé, entre autres. Averell n’hésitait pas à confier pour des milliers d’écus de marchandises à certains de ces marchands, tels que Caligula, qui fut réputé dans les cercles autorisés comme le personnage le plus riche du Royaume. Il partait avec des milliers d’écus de marchandises, allait les revendre à l’étranger, Berry, Franche-Comté par exemple, et revenait avec des produits considérés comme tactiques à l’époque, comme la pierre ou les haches. Cette façon de faire n’était bien sur pas annoncée sur tous les toits, mais très habituelle à l’époque.

Dans le même temps, les premiers grands problèmes miniers apparaissaient dans le Royaume. En effet, le Roy avait délégué leurs gestions au Bailli, qui durent faire face à de gros problèmes de pénurie. Ainsi, de longues nuits de calcul ont été nécessaires pour déterminer une politique minière efficace, mais qui fut mise à mal par la Champagne, comme d’habitude. En effet, une mine de Bourgogne, celle de Tonnerre, se trouve sur le territoire champenois. N’ayant plus de quoi l’entretenir, les Champenois décidèrent de la fermer du jour au lendemain, supprimant le travail de nombreux vagabonds bourguignons. De longues négociations furent nécessaires pour trouver un accord, surtout connaissant la haine féroce que portaient mon maître et le duc Morkail à la Champagne et le mépris qui leur était rendu.

On remarquera toutefois que mon maître fut invité à la table d’honneur du mariage de Caedes et de Tsarine, en vertu de soupirant de Dame Lhise. Il est amusant de constater qu’Averell fut convié à la fête des deux personnes qu’il détestait le plus. Il est amusant aussi de savoir qu’Averell proposa d’annexer la mine champenoise qui posait tant de problèmes, ce qui peut faire sourire quand on se souvient de l’épisode Gaal.

La vie d’Averell ne fut pas trépidante pendant cette première partie de mandat ducal. La vie de Commissaire au Commerce n’est pas follement amusante. On remarquera qu’il a continué à détourner de l’argent, plusieurs milliers d’écus en tout. De même, il s’écarta de plus en plus de Dame Lhise, sentant bien qu’il n’y avait rien entre d’autres que la volonté de Lhise de l’utiliser.

La seconde partie est bien plus intéressante. En effet, c’est à ce moment-là que fut créé la Loge secrète du VIENS qui comptait au début seulement 3 membres, Averell, Morkail et Biquette, et qui fut vite élargie à Seb, Nakuneil et Senael. Cette loge fut le point de départ d’une initiative qui les mobilisa complètement, mais qui fut un réel fiasco, la tentative de coup d’état en Champagne. En effet, avec de nombreuses autres personnes de tout le Royaume, tels que féeduLac, CMDT ou Vandusse d’Artois, fut décidée et organisée une incursion dans le territoire Champenois afin de renverser Caedes. En effet, à cette époque, la Champagne tentait d’annexer la ville de Compiègne en Artois. Toutes ces personnes décidèrent donc de passer en champagne clandestinement pour prendre Reims. Pendant plusieurs mois l’attaque se prépara, avant le moment propice, la bataille de Compiègne. Pendant que les armées Champenoises et Artésiennes combattaient, plus de 50 hommes entrèrent en Champagne et se cachèrent. Mon maître avait demandé au conseil de Bourgogne d’entrer en guerre contre la Champagne, mais les Conseillers avaient voté la neutralité. Voyant cela, Averell démissionna et partit lui aussi pour la Champagne, annonçant son envie d’aider les artésiens. On voit qu’il démissiona encore une fois pour des raisons qui n’ont regardé que lui, et que ce faisant, il a refusé la baronnie de Beaulieu que lui avait offert Morkail.

Mon maître partit donc pour la Champagne et se cacha dans les bois pour attendre le moment propice à l’attaque. De grands noms étaient cachés là-bas, tous unis dans le même but, faire tomber le « Lion du Nord ». CMDT, Raoul, Averell, Vandusse Elleurc, Seb, Nakuneil, la légende veut même que certains Normands aient été avec nous. J’étais bien entendu caché avec eux, à attendre l’attaque, mort de peur devant les armées Champenoises qu’on disait invincibles. Nous attaquâmes durant une nuit sans lune, certains de réussir. En réalité les champenois savaient tout de notre infiltration. Ils avaient attendus que nous attaquions afin de pouvoir tous nous prendre sans que la moitié ne se sauve vers la Bourgogne. Nous fûmes quasiment tous capturés cette nuit-là. Mon maître se trouva dans une cellule digne de son rang, et moi dans un cachot sordide. Heureusement quelques jours plus tard, les gardiens nous ont libérés, nous interdisant de quitter la Champagne avant le procès. Bien évidemment nous partîmes tous, d’abord vers la Flandre afin de nous reposer, puis vers la Savoie afin de se regrouper.

Personne ne sait exactement comment mon maître devint Duc de Savoie. Certains disent qu’il avait juste la confiance du Roi, d’autres qu’il a prit le château de force en imposant sa présence au futur Empereur. Je suis persuadé qu’en réalité, Averell demanda à Biquette d’intercéder auprès du Roi de France qui le nomma Duc de Savoie. Evidemment, une fois nommé, mon maître mit en place sa politique. Interdiction de toutes lois contraignantes telles que des grilles de prix. Accueil de tous les ennemis de la Champagne, et nomination de son ami Morkail au poste de recteur, ce qui créa beaucoup de vagues à l’époque, car Morkail, très critiqué dans son Duché avait quitté son poste avant la fin du mandat. Dans le même temps, Averell gérait son Duché tranquillement, se reposant totalement sur ses conseillers quand aux affaires intérieures. Il ne prit en main que les affaires extérieures, s’alliant avec la Franche-Comté, puis avec la Comtesse. En effet, peu après la signature de l’accord, il épousa Tite-Kanaye, Franc-Comtesse. Je suis intimement persuadé que si mon maître l’épousa en premier lieu pour des vues stratégiques, il en fut amoureux très rapidement. En effet, cette femme était déjà Paire de France et Franc Comtesse, apportant à ce couple, pour quelques semaines seulement le pouvoir sur la Franche-Comté et la Savoie réunit. On dit qu’ils hésitèrent à se sacrer Prince du Saint-Empire, je suis persuadé qu’ils n’hésitèrent pas. Ils demandèrent à l’Empereur, qui le leur refusa, telle est la vérité. Je parlerai plus tard de la relation entre mon maître et Tite-Kanaye. Je me permettrait juste de dire que lorsque mon maître repartit en Champagne pour assister à son procès pour Trahison, ce fut sa femme qui intercéda auprès de son amie la duchesse Tsarine pour que la tête de son mari fut sauvée. Nul ne sait si Averell aurait été tué, mais on peut penser que l’intervention de la divine Franc Comtesse évita tous risques…

A la fin de son mandat, qui se passa sans le moindre souci, Averell décida de se retirer de la vie publique, ne goûtant pas les pratiques politiques nouvelles, à savoir cette multiplication de listes électorales, et le manque de patience des jeunes. Il partit donc pour la Franche-Comté, quelques temps, afin de profiter de ses terres, puis pour Amiens en Artois, afin de s’y ressourcer. Sa femme l’y rejoindra très vite, désireuse d’offrir un héritier à la famille d’Alton. Alixandre naquit à Amiens, devenant ainsi le seul héritier des possessions de ses parents qui étaient immenses. En effet, le duché de Maurienne et le Comté de Moissey avaient été confié à un intendant, en attendant qu’Alixandre put les gérer lui-même. La vie à Amiens ne fut pas des plus agréables, bien que la présence de sa famille rassurait mon maître. Il était vieux à présent, pas spécialement en âge, mais son esprit et son corps était épuisé. Il prit la tête de la mairie d’Amiens, pour tenter d’imposer une dernière fois sa vision, plus autoritaire que la moyenne. Il créa ainsi une milice municipale, chargée de faire régner l’ordre, et des lois économiques inédits et qui l’opposèrent au Comté. Chose amusante, il refusa de participer à une liste électorale pour le Comté, qui l’aurait vu devenir Comte, car on vit après que ce fut Seb qui devint le Comte d’Artois, et il faut bien reconnaître qu’il le méritait amplement.

Les derniers jours de la vie de mon maître furent contrastés. Il ne s’attendait pas du tout à mourir, donc ne profita pas de ses derniers instants. Il imposa à son fils deux précepteurs, Seb et Morkail, qui ne plaisaient pas à l’enfant. Il resta opposé à la volonté de sa femme de s’engager aux cotés de Caedes contre le Roi. Ce n’est pas qu’il fut spécialement royaliste, mais il était farouchement opposé à Caedes… Dans le même temps, il était tous les jours plus amoureux de sa femme, et relativement fier de son fils.

Mon maître mourut un jour de janvier 1454, suite à une blessure occasionné lors d’un accident de chasse. Dans une forêt près d’Amiens, il fut blessé par un cerf, et mourut quelques jours plus tard, dans d’atroces souffrances. Il est enterré à Amiens, dans le jardin de son manoir qu’il aimait tant.

Au moment de clore l’histoire de cette vie, il est important de constater qu’il ne laisse strictement rien dans l’Histoire. Nul ne se rappelle de lui ou presque, alors qu’il se considéra lui-même comme une personnalité majeure de son époque. Nombres de ses réalisations restèrent secrètes, et la plupart des gens qui le connurent sont aujourd’hui décédés. Nulle grande loi reste attachée à son nom, simplement car sa philosophie était contraire à celle communément admise et son travail était donc chaque fois supprimé par son successeur. Il n’est plus considéré comme Conseiller Berrichon dans les archives de cette Région, ce qu’il n’eut pas le temps de voir de son vivant, d’ailleurs. Chose amusante pour ce politicien absolu, la seule chose qui existe encore est le club de soule qu’il monta avec Biquette, le CRAC de Chalon, un si beau paradoxe.

Ce sont les vainqueurs qui écrivent l’histoire, et Averell d’Atlton, Duc de Maurienne et comte de Moissey ne fut jamais du coté des vainqueurs. Un éternel des perdant, mais si réel et si humain qu’il reste un exemple pour les jeunes générations.

Source

Par un des ses serviteurs

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Duc de Savoie
(29 Septembre 1453 au 24 Octobre 1453)
Coacharno
Soirée des 3 ans des RR