La mort de Morthya

De Wiki de l'histoire HRP des RR.

La mort de Morthya, narrée par feu le cardinal Jarkov Septembre 1453

Tard dans la nuit entre le lundi et le mardi, une cavalière épuisée arrive aux environs de fougères. Sa monture épuisée s'effondre. La femme retire de sa selle un sac de toile usé. Une vingtaine de minutes plus tard cinq cavaliers en armes arborant les couleurs du Grand Duché de Bretagne la rejoignent, lui prient de se présenter et la font monter sur une sixième monture avec son bagage. Ils n'eurent pas besoin de la menacer de leurs lances, ni à lui mettre les chaînes, car comme le procureur inquisiteur de Bretagne le leur avait dit, elle se livra sans la moindre résistance.


Deux heures et demi plus tard, après avoir traverser au galop les sentiers aux travers des épaisses forêts bretonnes, ils arrivèrent à Rennes. Aux portes ouvertes de la ville attend un homme seul, vêtu d'une simple soutane vieillie par les années, une grande canne surmontée d'une croix dans une main, une lanterne dans l'autre : Jarkov le procureur inquisiteur, conseiller ducal et cardinal de la curie romaine.


Escorté des cinq gardes, Jarkov conduit la femme jusqu'à la forteresse qui sert de prison. Peu loquace, elle ne daignait même pas réagir aux pointes d'humour de celui qui la conduit à travers des couloirs humides et froids de plus en plus glauques.


"-Et bien dame Rohana, vous pourriez me dire merci !

-...

-Vous verrez , je lui ai laissé une apparence humaine. Il m'a fallu quelques rafistolages mais on voit encore qu'il s'agit de Morthya.

-.....

-Nous lui avons même fait prendre un bain, d'eau glacée , puis d'eau brûlante, puis d'eau glacée. Il fallait bien ça pour nettoyer toute sa crasse.

-Vous vous !

-Et bien sûr vous aurez droit aux loges d'honneur pour sa mort sur le bûcher dans la journée de demain.

-Je vais vous .....

-tutututut Voyons. j'ai pulvériser suffisamment de sarrasins , de maures , de numides , de grecs , de normands et de français dans ma vie pour vous réduire en bouillie sans même vous effleurer.

-Ah oui j'aimerais bien savoir comment tiens !

-C'est très simple : gardes transformez la en crêpe.

-C'est bon c'est bon j'ai compris. laissez moi le voir.

-Très bien le voici."


Le geôlier ouvrit la porte de la cellule, Rohana entra pour se jeter dans les bras désarticulés de son compagnon hérétique. S'ensuivirent de longs et sinistres sanglots devant la barbe et le crâne rasés, les ongles retournés et tant d'autres choses. Jarkov fit apporter le sac de Rohana et le lui remit après avoir vérifier qu'il ne contenait que de la bière normande et quelques pièces. Pièces qu'il avait bien sûr subtiliser pour "les frais de séjour". Et puis ils n'en auraient plus besoin.


Le procureur inquisiteur adressa un grand sourire à Morthya et Rohana, puis ferma la cellule à clef, enfermant ainsi les deux normands. Il se frotta les mains puis alla se coucher pour être en forme au levé du jour.


Au petit jour, Jarkov vêtu de sa plus belle mitre, bagues à émeraudes aux mains , chapelet d'or à la taille , et dague de l'autre côté, ordonne aux gardes de la ville d'ouvrir la place publique de Rennes spécialement aménagée pour l'évènement.


Au centre, le bûcher, monté par le juge Cœur de Lion selon un schéma de couches de bois scientifique visant à faire une cuisson lente mais inéluctable, grâce à du bois de conifère mélangé à du bois de feuillus.


A l'ouest, la Tribune ducale, avec un siège d'honneur pour la duchesse Nathan, un siège d'honneur pour le futur duc Gomoz, un autre siège laissé vide et somptueusement décoré et un dernier siège, plus bas, donnant accès à l'escalier, pour Jarkov. A la droite du siège de Jarkov, une petite chaise pour Rohana.


A l'est, une tribune pour les étrangers. L'entrée pour un étranger étant de 30 écus. Une cohorte entière d'arbalétrier et un contingent supplémentaire d'arquebusiers guettaient cette foule d'étrangers menaçants. Enfin au nord et au sud les tribunes pour les bretons, au tarif de 5 écus l'entrée.


"Venez bonnes gens! Venez assister à la mort du fondateur du Phookaïsme : Morthyaaaaaa l'oracle hérétique."


Dans sa geôle Morthya accompagné de Rohana attend.


La sécurité au maximum, les invités en place, Cœur de lion le juge allume les brasiers ou seront plongées les torches pour le bûcher. Jarkov accueillit le roi de France à sa loge avec la Grande duchesse de Bretagne.


"Votre majesté, c'est avec un immense honneur que le Duché de Bretagne accueille le Roy des François. Puissiez vous apprécier les festivités qui vont suivre. Merci à vous sire d'avoir laissé de côtés vos tâches que nous savons pénibles, notamment celle de Compiègne qui veut échapper au joug de l'Artois. L'homme qui sera brûlé sur la place publique se nomme Morthya, c'est un dangereux hérétique normand qui refuse obstinément de croire en notre Seigneur Dieu qui vous a investi de son essence divine. Des domestiques seront à apporter à la Duchesse et à vous tous les mets et boissons que vous désirerez. Je vous souhaite de passer un agréable moment."


Jarkov descendit de la tribune pour rejoindre les geôles. Là Morthya et Rohana attendaient, sereins. Les gardes privés de Jarkov attrapèrent Rohana et la forcèrent à partir. Ils la conduisirent à la tribune d'honneur, sur la chaise à côté du siège du saigneur Jarkov. Ce dernier resta une bonne demi heure pour préparer Morthya au spectacle. Derniers clous, dernières broches, il attacha les fils et vérifia que toutes les articulations étaient bien rompues. Il précisa à Morthya que le Roi de France en personne assisterait à son exécution, et qu'il s'agirait d'être à la hauteur. Une fois préparé, Morthy fut conduit par Jarkov dans une brouette sur la place publique.


Le silence se fit.

Puis fut rompu par les croassements des corbeaux. Ces fameux corbeaux bretons qui suivent partout Jarkov, car partout ou l'homme va ils savent qu'ils auront de quoi manger. Le plus gros d'entre eux , de la taille d'une oie, est même l'oiseau personnel du bouillant procureur, que les prisonniers craignent sous le nom de Mister Daw , le corbeaux mangeur d'homme.


Des valets apportèrent un petit échafaudage haut de trois mètres à côté du bûcher et un tabouret pour y grimper. Une fois installé, les laquais sortirent Morthya de la brouette et s'en allèrent aussitôt avec le rudimentaire engin de transport. Jarkov lui, grimpa sur l'échafaudage avec ses cordages et faillit tomber , mais sa dextérité lui permit de se rattraper avant une chute tragique et comique. Dans la tribune de l'ouest se fit entendre un soupir de soulagement. Dans celle de l'est un soupir de déception.


Le spectacle de marionnette pouvait commencer.


Jarkov tira sur la corde, le bras de Morthya se leva et salua la foule.

Jarkov relâcha le fil et prit une autre bobine.

Les pieds de Morthya s'agitèrent.

Les pieds de Morthya commandés par le marionnettiste se mirent à danser.

Les pieds de Morthya endiablés par le rythme entamèrent une gracieuse danse folklorique bretonne.

Une jambe se lève quand l'autre se baisse, puis inversement. A chaque fois que les jambes se croisent les talons claquent. Jarkov enchaîna sur un numéro de claquettes.

Morthya impuissant, profitait de la musique qu'il produisait bien malgré lui.

Les pas s'arrêtèrent.

Le Bras de Morthya se leva vers le ciel , le petit nain fut mis à genoux , l'autre main fut tendue droit devant comme pour éviter un danger. Puis s'effondrant , la tête se noya dans les mains comme dans pour un sanglot.

Les cordes du dos créèrent des sursauts du corps moribond.

Les bras se joignirent alors pour simuler une prière.

Tout le monde compris quelle scène jouait le marionnettiste : celle du supplice de Morthya.

Jarkov savourait son numéro.

La scène se termina avec Morthya allongé au sol comme mort.

On pouvait toutefois l'entendre maugréer.

Jarkov remit morthya debout et lui fit faire des gestes simiesques grotesques.

La foule comprit que l'on entrait dans la partie comédie du spectacle.

Jarkov tira de toute ses forces sur les deux fils dirigeant le bras gauche pour que la main heurte la joue de son propriétaire. Puis ce fut le bras droit qui mit un claque à l'autre joue de Morthya.

Et une autre baffe à lui même.

La foule bretonne euphorique contrastait avec la tribune des étrangers ou ceux qui ne pouvaient contenir un petit rire étaient assommés par les autres.

Morthya se donna une nouvelle gifle. Puis une autre.

Il murmura à l'intention de Jarkov : Fest pas bientot fini ?

En guise de réponse Jarkov lui adressa un large sourire sadique dont il a le secret.


Puisant toutes ses forces dans ses bras, Jarkov souleva Morthya à cinquante centimètres du sol.

Il le fit voler comme un oiseau.

Les spectateurs apprécièrent.

Morthya moins car les fils le faisaient atrocement souffrir quand ils devaient supporter tout son poids.

Et Jarkov le savait.

Ce dernier laissa tomber son pantin au sol.

Les domestiques accoururent pour lui ôter les fils, Cœur de Lion prépara les torches.


La Tribune est remuait, Jarkov fit un signe à Anakin son garde du corps pour l'occasion qui alerta immédiatement Aothe.


La cinquantaine d'arbalétrier se mit en ligne , épaula et visa. Les arquebusiers sur les toits des immeubles armèrent leur fusil de poudre et préparèrent les mèches.


Aothe ouvrit les portes d'un vieil entrepôt et vingt hommes en sortirent avec une bombarde, engin de siège capable de raser une tour d'un seul tir. Ils pointèrent l'arme vers la tribune est. Une torche vint se poser à quelques centimètres de la mèche à poudre.


Suite à ce léger incident que Jarkov ignora royalement, Cœur de Lion vint à la droite de son procureur et lui remit un parchemin frappé du sceau ducal. Le brillant juge breton reprenait son souffle après la charge sur la tribune que ses hommes maîtrisaient maintenant, suite à la démonstration de force sur les normands révoltés. Jarkov prit le parchemin tout en remerciant son ami d'avoir fait respecté l'ordre et de laver la terre de quelques normands, puis en fit la lecture :


"En ce jour de grâce de l'an 1453, la Sainte Inquisition de Bretagne condamne le sieur Morthya, de nationalité normande au bûcher, pour avoir prêcher l'hérésie Phookaïste en terre chrétienne.


Pour avoir appelé Phooka votre Dieu

Pour avoir renié l'unique Dieu, celui qui confère au Roi de France notre invité son caractère sacré

Pour avoir pratiqué des rites impies

Pour avoir appelé à l'alcoolisme

Pour avoir répandu votre immonde croyance à travers la Normandie et maintenant la France

Pour avoir manqué de respect au bon cardinal Jarkov qui n'œuvre que pour le salut de votre âme


Pour tout cela et tous les crimes que vous avez avoués sous la Question, dont la liste est hélas trop longue pour être mentionnée si ce n'est que l'on peut mentionner le cannibalisme , de manger du cochon le vendredi , d'avoir des commerces peu honnêtes avec les chats noirs, que vous êtes le roi de Babylone et bien plus; je vous condamne : A mort !


Vous serez livré aux flammes du bûcher pour que votre âme puisse tenter d'atteindre les cieux en s'accrochant à la fumée ou elle recevra son juste châtiment pour tous ses pêchés !


Conformément à votre dernière volonté, de la bière normande sera à votre disposition pour arroser l'évènement. Vu le taux d'alcool qu'elle contient, je vous déconseille de la jeter sur les flammes si vous ne voulez pas partir en fumée d'un trait. Puisse Dieu vous accorder son Pardon pour vos erreurs et pour vous être détourné de lui, lui qui n'est qu'amour , tout comme son serviteur que je suis.


AMEN"


Les hommes de main de Cœur de lion apportèrent les torches et les placèrent tout en bas du bûcher. La cuisson serait lente pour prolonger l'agonie, un moyen pour que Morthya ait le temps de prendre conscience de l'ampleur de tous ses pêchés expliquait Jarkov, et du temps il en faudrait. Ainsi l'huile que l'on utilise d'habitude pour accélérer la croissance des flammes restait dans ses amphores au bord du bûcher, peut être bien pour narguer le condamné. Jarkov lui s'en retourna dans sa tribune, souriant de toutes ses dents à Rohana qui était à côté de lui.


Jarkov jubilait de voir deux phookaïstes griller pour le prix d'un. La cuisson à feu doux était une idée de génie. Alors que les flammes dévoraient les jambes des deux hérétiques Jarkov dit :


Hein ? Euh Des fleurs. Ah Ah vous tombez bien, je suis en pleine période de flower power , regardez ça.


Jarkov sortit de sous sa robe un bouquet de fleurs, qu'il destinait pour un pot pourri à offrir à Dame Nathan, mais qu'il préféra donner à Rohana. Il espérait que les orties mêlés aux fleurs ajouteraient du piquant à la scène.


Voilà voilà, ne suis je donc pas formidable ?


Jarkov comblé de bonheur s'écria :


Allez en Paix auprès de notre père éternel !


Et car il est expert en ce domaine, il prit une amphore d'huile et la jeta dans le feu. En quelques secondes les hurlements cessèrent pour laisser place à la splendeur du brasier.


Que c'est beau , que c'est beau murmura t il.


Le feu s'éteignait. La foule de la tribune est hurlait de rage et de désespoir. Ils avaient tout fait pour empêcher la mort de Morthya, mais nulle force en ce monde ne peut arrêter les desseins de Jarkov, si ce n'est la volonté de Dieu.


Il attrapa le corps calciné de Morthya et devant la foule étrangère furieuse, arracha le crâne de Morthya du reste du corps.


Adressant un dernier regard aux normands, avec un petit sourire en coin, il s'en retourna à la forteresse son trophée carbonisé dans la main.


Les gardes chassèrent les civils de la place, frappant les réfractaires. Les tribunes se vidèrent, les laquais enlevèrent les cendres et d'autres valets apportèrent un nouveau bûcher. Quarante personnes étaient nécessaires pour le transporter.


Une fois la place vidée des étrangers et les nobles rentrés chez eux, l'on procéda à un nouveau cordon de sécurité pour protéger le retour de Jarkov.


Celui ci en effet revint de la Forteresse de Rennes en compagnie de son autre condamnée : Azazelle.


La place fut interdite d'accès pour tous ceux qui se montraient violents. Jarkov tria lui même les spectateurs autorisés à assister au spectacle.


Maintenant on ne parlerait du nain que comme "Feu Morthya"

Soirée des 3 ans des RR